Conférence Débat : Les freins culturels à l’allaitement

Bonjour,

Conférence débat : programmeLe 5 avril 2014 se tenait une conférence débat, organisée par la Leche League (LLL) en lien avec la Semaine Mondiale de l’Allaitement Maternel (SMAM).

Le thème de la conférence était : Les freins culturels à l’allaitement … Pour éviter de tomber dans les pièges.

Le Dc Pilliot n’a pas pu être présent (soucis familiaux). Dommage, j’aurai beaucoup aimé le rencontrer et voir en conférence …

C’est Mme Capponi Irène qui l’a donc remplacé au pied levé, merci à elle, car malgré seulement quelques jours pour préparer la conférence, c’était très intéressant.

Mme Capponi est maitre de conférences en psychologie (enfance et natalité) à l’université de Nantes.

Je vous relaterai les notes que j’ai prises lors de cette conférence, et mon ressenti en fin d’article.

Introduction :

En Europe en 2005, le nombre de bébés allaités à la sortie de maternité : 12 pays de 90 à 100 %, 8 pays de 60 à 90%, France < 60 % (en 2012 69 %).

Au sein des régions françaises, une disparité est aussi constatée : 59% Nord et ouest, 72 % Est et sud.

4 facteurs se détachent pour expliquer ces différences :

1- le discours médical
2- la socio-économique
3- Le système de valeurs
4- La politique

1- le discours médical

Le corps médical prescrit des règles, des normes. Depuis longtemps, l’idée véhiculée est que le lait maternel est le plus adapté mais pas forcément celui de sa propre mère (d’où l’introduction de nourrices).

Jusqu’en 1950 le colostrum est considéré comme « mauvais ». Il est conseillé aux jeunes mères de l’extraire mais surtout ne pas le faire boire aux nouveau-nés.
Au 18eme siècle, on considérait que le lait maternel est du sang blanchis, et qu’il faut éviter tout rapport sexuel pour ne pas faire revenir ses règles. L’utilisation de nourrices est donc une solution pour contourner ce soucis et pouvoir reprendre une vie de couple après une naissance.

Source : http://babillagesaveclaurie.blogspot.fr/2012/04/donner-naissance-au-18eme-siecle-partie_21.html

Source : http://babillagesaveclaurie.blogspot.fr/2012/04/donner-naissance-au-18eme-siecle-partie_21.html

Au 18eme siècle, apparait le recours aux compléments et aux bouillis dès 2 semaines.

Au 17eme, l’idée véhiculée est que les vices et émotions sont transmises par le lait .

La mortalité infantile au 19eme et 20eme siècle est importante car souvent, les enfants sont envoyés en campagnes, pour être nourri par des nourrices donc l’hygiène est souvent inexistante. Les médecins se mettent donc à prôner le lait animal.

Jusque dans les années 1980, le nouveau-né est retiré à sa mère pendant la nuit pour qu’elle se repose, donc le biberon prend la place du lien nourricier.

Cela fait partie des pratiques qui continuent à perdurer aujourd’hui mais qu’il faut pourtant éviter (pour le bien-aître de l’enfant, même s’il est nourri au lait artificiel d’ailleurs).

Depuis les années 1980, la théorie de l’insuffisance de lait est propagée alors que c’est faux → c’est due, à 99% des cas, à une mauvaise pratique ou une fausse perception et c’est souvent la raison la plus fréquente de l’arrêt de l’allaitement.

Conclusion : la gestion humaine complique un processus naturel, en plus cette médicalisation s’en remet au corps médical.

Notre société n’est pas dans une culture maternelle et bien que les médecin soient « sachant » beaucoup d’erreurs sont dites et faites sur le sujet de l’allaitement.

Pour lutter contre cela, ne pas laisser des contradictions, mettre en face les gens des vérités et prendre confiance en soi : « beaucoup d’allaitements se passent bien ».

Leur formation des médecins est dérisoire et orientée uniquement sur les pathologies. (2h pour médecin généraliste,
10h pour pédiatre).

2- les facteurs socio-économiques

Depuis antiquité, il est plus rentable de recourir à une nounou ou lait artificiel, même chez les esclaves que de s’arrêter de travailler pour s’en occuper.

Crédit : PHILIPPE HUGUEN / AFP source : http://www.rtl.fr

Crédit : PHILIPPE HUGUEN / AFP
source : http://www.rtl.fr

A la fin du 18eme siècle, 95% des enfants de Paris sont nourris par une nourrice de campagne.

A la fin du 19eme siècle, 63% des enfants sont au biberon. Sur cette même période, en Loire inférieur (actuelle Loire Atlantique), 90% de taux de mortalité infantile.

De nos jours, en France, la fin du congés maternité est le plus grande raison de l’arrêt de l’allaitement (qui souvent se passe bien).

Dans les autres pays d’Europe certains pays favorisent un congé maternité plus long : Norvège – 49 semaines rémunérée, Suède – 75 semaines à 80%.

Un autre facteur est la catégorie socio-professionnelle des mères.

En France, 80% des cadres supérieures allaitent, contre seulement 45% des ouvrières.

Cela s’explique par la légitimité des sources. Plus le milieu social est favorisé, plus les personnes donnent du crédit au milieu médical. Dans les familles plus modestes, la légitimé s’oriente plus vers le social, donc plus de crédit pour les valeurs transmises par la famille.

3- Le système de valeurs

Source : http://www.papacube.com

Source : http://www.papacube.com

Nourrir un enfant au biberon coûte 1800 euros / an. Ce besoin de consommer est lié à notre société actuelle de consommation.

Il faut toutefois revenir à la motivation première. L’allaitement entraîne des doutes sur son corps, la quantité et qualité de lait bu,.. La beauté féminine lié aux seins depuis l’antiquité.

La pudeur face à l’allaitement en extérieur est aussi un frein.

L’allaitement vu comme une valeur positive peut être une contrainte pour certaines femmes / certains couples.

 

 

4- La politique

Je n’ai pas de notes sur ce dernier chapitre, cela a été assez court, voici un résumé.

La politique française reste timide en matière de promotion de l’allaitement.

La loi interdit la publicité pour le lait artificiel jusqu’à 6 mois, toutefois, peu de moyen sont investis dans la formation de personnel qualité. Cela est souvent du fait d’initiative personnelle.

De même, que les dispositions pour permettre aux jeunes mères de reprendre le travail tout en poursuivant leur allaitement, sont innexistantes (jusqu’au 1 an de l’enfant, 1h/jour pour tirer son lait NON payée). Laisser son enfant 8 à 10h/ jours en nourrice n’est pas viable avec un allaitement d’un tout petit.

Peu de solutions sont proposées et les femmes qui tirent leur lait ne font pas légion.

 

Conclusion :

La conclusion s’est déroulée sous forme de questions-réponses de la part de l’assemblée.

Un propos qui m’a particulièrement plu : Une animatrice LLL, originaire d’un pays d’Amérique du Sud, a expliqué son vécu, en tant qu’étrangère. Elle a trouvé très surprenant en arrivant en France que les mères françaises se posent la question … Dans son pays, elle expliquait que c’était la norme, la nature, la logique pour toute femme. Au même titre que la grossesse. Et qu’en effet, on avait perdu dans notre société française ce savoir-faire.

 

L’information s’est poursuivie dans le hall, avec des stands tenus par la Leche league, des associations nantaises, des associations de portages …

Une pochette avec plusieurs documents nous a été remis (infos LLL, associations Bienaitre, …).Conférence débat : documents LLL

 

 

Mon ressenti :

Cette conférence était un réel plaisir à écouter, et surtout à participer. L’intervenante était vraiment une maman, au même titre qu’une conférencière. Elle partageait, j’ai trouvé, cet engouement pour l’allaitement qui avait amené beaucoup d’entre nous sur les bancs de cette Fac ce jour-là !

L’organisation était très sympa, et l’ambiance chaleureuse.

Le public était plutôt constitué de maman déjà allaitante avec ou sans leurs bambins d’ailleurs :).

J’y ai retrouvé sur place Aurore de Mummy’s little girl et rencontrée Claire de Clerpé.

Bref, une très bonne après-midi, agréable et intéressante :).

Bonnes tétées à toutes 🙂

Marie

marie

 

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