Non violente au quotidien ?

Bonjour,

L’idée de cet article (plutôt personnel), m’est venue après la discussion avec une amie. Une de ces personnes que je connais « à distance » seulement via nos mariages, puis parcours parentaux respectifs. Avec laquelle j’aime échanger, et partager. Certains points communs de nos parcours nous ayant rapprochés :).

Bref, l’idée que je puisse lui renvoyer une image de maman :  » Quand je te lis ou lis ce que tu partages sur FB, je suis toujours admirative de la maman que tu es: tu ne sembles jamais dépassée par [Petit Bonhomme], tout semble si limpide!  » m’a juste faite rire (non pas pour me moquer du tout !!).

J’en profiterai donc pour écrire cet article sur mon quotidien, ma réalité, ma vision de ma vie de maman :). S’il vous plait, j’en ferai peut-être d’autres ? 🙂

Pas toujours facile de parler de soit.

 

Souvenirs

Tout d’abord, petit historique, je ne « baigne » dans ce milieu de la « non violence éducative » que depuis 3/4 ans maximum … Même si mon expérience de travail auprès des enfants m’a bien fait intégrer que les taper est interdit, je n’ai pas eu dans mes formations (Bafa, assistante d’éducation, …) d’aspect « éducation respectueuse ». Les « turbulents » étaient mis à l’écart et plus souvent privés d’activités qu’écoutés !

groupeEnfantsEffet de groupe, et discipline scolaire, j’ai toujours été bluffée de la capacité des enfants à partir de 4/5 ans à s’assoir en tailleurs ou se mettre 2 par 2 dès qu’un adulte l’ordonnait …

 

Dans mon enfance, c’était plutôt la claque et la carotte que l’écoute et libre choix.

« Si tu ne travailles pas bien à l’école, le père-noël ne passera pas », « Si tu n’es pas sage, privée de ceci ou cela ».

Mon plus ancien souvenir sur le sujet remonte à l’école primaire, surement CE1 ou CE2. Malgré une passion pour la lecture, je n’ai pas une mémoire photographique, résultat la dictée était pour moi une galère. J’avais eu un chantage pour bien respecter les règles d’accords dans la dictée de la semaine, sinon je n’allais pas à l’anniversaire de ma meilleure copine le samedi suivant.

Résultat au retour des copies, j’avais bien entendu (malgré la meilleure volonté du monde) omis de nombreux « s » partout … Je suis donc repassé par dessus les corrections de la maitresse avec un style bleu pour masquer son feutre rouge et faire croire que j’avais réussi le test !

Grossière erreur qui m’a valu en plus d’être privée de l’anniversaire et de travail de dictées supplémentaires à la maison.

 

Ca donne envie non ?

Bref, une enfance « heureuse », mais toujours cette peur au dessus de la tête surtout concernant la scolarité (pourtant j’ai toujours fait parti des élèves sans difficultés) et le quotidien (rangement de chambre ou autre).

 

Comment ou par qui j’en suis venue à la non violence éducative, aux lectures variées, je ne m’en souviens plus trop. Mais j’avoue que cette plongée dans ce monde m’a fait découvrir de nombreuses choses, psychique mais aussi physique que je n’aurai jamais soupçonnées !

« Moi aussi j’ai reçu des baffes et j’en suis pas morte ».

En tant qu’adulte : prendre conscience

Alors oui, à une époque de ma vie, j’ai surement pensé et même dit cette phrase débile, sans réfléchir plus loin que les stéréotypes de la société.

Sans penser à l’endoctrinement que nous subissons depuis notre plus jeune âge, par cette idéologie de la droiture et du besoin de « dresser les gamins ».

Quand on y réfléchit, le plus dur est de sortir de la pensée unique.

Une fois cela fait, la partie motivation n’est plus à trouver puisqu’on a comprit que la violence engendre la violence : Que taper un enfant pour lui faire comprendre de ne pas taper / toucher est un non-sens total (tout comme dire à quelqu’un « ne pense pas à un éléphant rose ! »).

En tant qu’adulte : se déprogrammer

deprogrammer_cerveauMais … il reste encore un énorme chemin de déprogrammation du corps et de ses réactions « automatiques ». Du besoin animal et frustré par toutes ces années à ne pas être écoutée, à être catégorisée (bonne élève, grande fille, courageuse, autonome, boudeuse, pleurnicheuse, ou autre comme vous l’avez subi ! ).

Identifier tout d’abord ces réactions est un premier pas.

Pour ma part, j’ai bien compris que par moment (quand mon quota arrive au bout – parfois pour des broutilles), je crie fort un bon coup. Je n’ai pas du tout le réflexe de taper, cela ne me vient pas à l’idée, mais les cris restent fort et violent pour mon fils et lui-même est paralysé par la peur à ce moment la.

Quamaman-qui-crie-sur-son-enfantnd on en reparle après cou, il n’a d’ailleurs pas compris ce que je voulais lui faire passer comme message et me dit juste que je lui fais mal aux oreilles et peur. Bravo pour la communication ?!

Résultat je m’oblige à reprendre du temps (quand je suis calmée) pour lui expliquer ce qui m’a faite exploser et m’excuser aussi. Car mon attitude n’est pas normale.

Crier pour attendre un but (tout comme s’énerver ou tape) n’aide pas à résoudre un souci sur le long terme. Cela permet juste de se décharger sur l’instant mais ne fait pas avant le schmilblick. Je le vois bien ici, Petit Bonhomme « bloque » et résultat rien ne se passe.

Mais concrètement qu’est ce qui m’énerve ?

Et bien concrètement, un manteau qui ne se met pas assez vite alors qu’on a la même routine chaque matin, une (nième) demande (justifiée ou non d’ailleurs) pour prendre 2 min pour jouer, et surtout quand il ne veut pas être coopératif dans une tâche basique du quotidien, style d’habiller.

Il réclame notre aide, (pour mettre son pantalon ou tee-shirt), mais me repousse quand je viens l’aider et demande après son papa. Ou bien il refuse de mettre tel tee-shirt qui n’est pas assez rouge ou assez camion (hors on peut avoir de propre tout le temps ses tee-shirt préférés ! moi j’y arrive pas).

madameSageAlors oui en « excuse » je pourrai sortir : le quotidien c’est usant, je suis fatiguée, on fait toujours la même chose pourquoi il s’y fait pas ?!

Mais non pour lui, chaque moment est l’occasion de découvrir un peu plus de liberté, et d’affirmer ses choix … Sauf que j’imagine que mon esprit le souhaiterai plus concilient et « docile » comme se doit de l’être un « enfant sage » ou du moins « bien éduqué » …

Et en effet, être dérangée dans mon quotidien d’adulte autonome et qui sait exprimer ses besoins auprès des autres (adultes) quand c’est nécessaire, par un Petit Bonhomme qui reste encore changeant, facilement distrait par l’environnement m’exaspère parfois de devoir me répéter jour après jour sur les mêmes choses. Surtout sur ce qui est contraintes (pour lui comme pour moi) !

Ex : qu’il bouge quand je l’attache en voiture (pour attraper un gâteau ou un jouet), qu’il se penche pour attraper je ne sais quoi quand je lui enfile son pantalon, …

Et concrètement comment se détendre ?

deprogrammerEt bien cela je n’ai pas encore trouvé ! Parfois il m’arrive de monter en pression d’un cou, sans prévenir, et jusqu’à maintenant je n’ai pas réussi à identifier l’élément déclencheur commun ou un signe d’alerte préventif pour prendre le recul nécessaire, sortir prendre l’air et revenir détendue.

Frustrant non ?

J’ai beau lire de nombreuses choses, avancer dans mes réflexions et lâcher prise, avoir un Petit Bonhomme à l’écoute, et ne pas trop m’en vouloir de mes réactions – car de toute façon je n’arrive pas à les contrôler pour le moment. Mais malgré tout cela reste de la violence même si ce n’est « que » verbale, ca n’en reste pas moins de la violence inacceptable.

Marie

marie

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12 réflexions au sujet de « Non violente au quotidien ? »

  1. Très bel article, je suis totalement en phase.
    Pas toujours facile de ne pas exploser et concilier la frustration de l’enfant avec la nôtre car je crois que le problème est bien là parfois.
    Mais à force de se remettre en question, l’automatisme vient, j’arrive de plus en plus à garder mon mode Zen.
    Au final, c’est beaucoup moins fatigant !!

  2. waouw! superbe article qui dééfinit completmt le complexe du role de parents a la fois aimants mais pouvant etree à bout (et ce pour des broutilles parfois!) et tout ce paradoxe entre théories éducatives et mise en pratique… ca fait du bien de lire ca! je me sens moins seule, et je trouve que c bien bien dit!
    à la prochaine ! Auré

  3. J’aime beaucoup ton article. Moi aussi je ne viens pas d’une éducation bienveillante et même si pour le coup je suis convaincue depuis mon adolescence que je ferais différemment, c’est dur et frustrant justement de ne pas y arriver par moment. Mais bon j’essaye de garder à l’idée que c’est un chemin, et pareil que toi j’essaye de mettre le doigt après coup sur ce qui m’a fait monter en pression. Et souvent ça n’a pas si à voir avec l’enfant (mais fatigue par rapport au boulot, manque de soutien par ailleurs, peur d’être jugée par des personnes extérieures).

  4. Enfin un article déculpabilisant sur la blogosphère! Merci!
    Parmi les astuces pour éviter l’explosion, plutôt que d’essayer de respirer calmement (ça ne marche pas du tout chez moi), des idées piochées ça et là qui ne marchent pas trop mal : faire des vocalises, boire un verre d’eau très lentement ou faire pipi !

  5. Merci pour cet article, on s’y retrouve tellement…
    Mon truc est d’essayer de lui dire à l’avance si j’ai l’énergie ou pas de patienter, négocier, laver…
    Car il peut faire la même chose 2 jours de suite et que je réagisse pas de la même manière.
    Par exemple s’habiller, quand on a le temps je ne le presse pas je l’accompagne et l’incite à prendre son temps par contre les jours où il faut aller vite je lui explique qu’il n’a pas le choix.
    J’ai remarqué aussi que je m’énerve plus violemment (comme toi en parole) lorsque mes besoins vitaux (faim, sommeil principalement) ne sont pas satisfaits !
    Je suis pour d’autres articles sur le sujet…

  6. Comme bcp de parents doivent se retrouver…ceux ayant eu ce genre d éducation….moi même je pètr aussi des câbles….sûrement un agacement car pas dans les cases que l on m a apprise. Courage à nous

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